Le jour de la fauche, un pré change complètement. Les campagnols, les insectes et les larves qui vivaient à l’abri des hautes herbes se retrouvent à découvert. Pour les animaux qui les chassent, c’est une table ouverte ; pour le photographe, une occasion rare de voir plusieurs espèces au même endroit, à quelques jours d’intervalle.
Réglages en bref
- Renard 1/2500 s, f/8, 6400 ISO
- Brocard 1/250 s, f/8, 6400 ISO
- Huppe 1/1000 s, 1600 ISO
- Matériel Canon EOS RP, 100-400 mm et multiplicateur 1.4x
Qui vient se servir ?
- Le renard chasse les campagnols à l’oreille, puis bondit dessus.
- La huppe fasciée fouille le sol avec son long bec à la recherche d’insectes et de larves.
- Le chevreuil vient brouter les repousses, plus tendres.
Même sensibilité, vitesses très différentes
Deux de mes photos ont été prises à 6400 ISO, une sensibilité élevée. Pourtant, leurs vitesses diffèrent du tout au tout :
- le renard dans les foins : 1/2500 s ;
- le brocard dans le pré fauché : 1/250 s.
Avec la même sensibilité et la même ouverture (f/8), un écart de plus de trois diaphragmes sur la vitesse vient forcément de la lumière : le renard était dans la lumière rasante du soir, le brocard dans une lumière bien plus faible. Et le choix de vitesse suit l’animal : un renard qui chasse peut bondir à tout instant, alors qu’un chevreuil qui broute laisse le temps de travailler plus lentement.
La huppe, un cas à part
La huppe est farouche et se déplace par petites courses. Pour elle, 1/1000 s à 1600 ISO était un bon compromis : assez rapide pour figer un mouvement de tête, assez sage en sensibilité pour garder les détails de la crête et des plumes barrées de noir et de blanc.
À 6400 ISO, le grain devient visible sur l’EOS RP, surtout dans les zones sombres. Il reste acceptable si l’image est bien exposée dès la prise de vue : c’est en éclaircissant après coup qu’il ressort le plus.