Chaque photo dépend de la quantité de lumière qui atteint le capteur. Trois réglages se la partagent : la vitesse d’obturation, l’ouverture et la sensibilité. Modifier l’un oblige souvent à compenser avec un autre. Chacun a aussi un effet visible sur l’image : c’est là que se jouent les choix du photographe.
Les trois réglages en bref
- Vitesse Fige le mouvement ou le laisse filer
- Ouverture Dose la lumière et le flou d’arrière-plan
- Sensibilité (ISO) Éclaircit l’image, au prix du grain
La vitesse d’obturation
La vitesse indique combien de temps le capteur reçoit la lumière : 1/1000 s, c’est un millième de seconde. Plus la vitesse est rapide, plus le mouvement est figé.
Le sujet décide de la vitesse. Un chevreuil qui broute se photographie à 1/250 s ou 1/400 s. Un oiseau en vol demande 1/2000 s et plus pour figer le bout des ailes. À l’inverse, en photo de nuit, la pose dure plusieurs secondes pour accumuler la lumière.
Une bonne règle de départ : choisir une vitesse au moins égale à 1/focale. À 560 mm, cela donne environ 1/500 s, puis on accélère si l’animal bouge.
L’ouverture
L’ouverture règle le diamètre du passage de la lumière dans l’objectif. Elle s’écrit f/2.8, f/8, f/16 : plus le chiffre est petit, plus l’ouverture est grande, et plus la lumière entre.
Elle agit aussi sur la profondeur de champ, c’est-à-dire la zone nette de l’image. Une grande ouverture isole le sujet sur un fond flou ; une petite ouverture rend nette toute la scène.
Avec mon téléobjectif et son multiplicateur, l’ouverture maximale passe de f/6.3 à 140 mm à f/8 à 560 mm. À cette distance, f/8 suffit pourtant à fondre l’arrière-plan dans un flou doux, comme pour ce brocard.
La sensibilité (ISO)
La sensibilité amplifie le signal du capteur. Monter en ISO éclaircit l’image quand la lumière manque, mais fait apparaître du grain, surtout dans les zones sombres.
Sur mon Canon EOS RP, je monte volontiers jusqu’à 6400 ISO. Le grain reste discret si l’image est bien exposée dès la prise de vue : c’est en l’éclaircissant après coup qu’il ressort le plus.
Au crépuscule, je préfère toujours une image un peu granuleuse mais nette à une image propre mais floue.
Mon mode de travail : manuel et ISO automatique
Pour la faune, je règle moi-même la vitesse et l’ouverture, et je laisse l’appareil choisir la sensibilité dans une plage large, de 100 à 6400 ISO. Je garde ainsi la main sur ce qui compte le plus : figer le mouvement et doser le flou. L’appareil, lui, adapte la luminosité quand l’oiseau passe du ciel à la forêt, ou quand un nuage cache le soleil.
Quand je veux une scène particulière, je passe en tout manuel et je fixe aussi la sensibilité. En photo de nuit, le réglage est entièrement manuel : mise au point, pose et ISO.
Mes réglages de départ
En arrivant sur le terrain, je règle l’appareil ainsi. Je suis alors prêt pour la plupart des rencontres, y compris un envol soudain.
Je choisis f/7.1 au plus court du zoom. Quand je zoome jusqu’à 560 mm, l’objectif atteint sa limite et l’appareil passe tout seul à f/8 : l’ouverture reste donc presque la même sur toute la plage.
- Mode Manuel, ISO automatique
- Vitesse 1/1000 s
- Ouverture f/7.1 à 140 mm, f/8 à 560 mm
- Sensibilité ISO auto, de 100 à 6400
- Format RAW
RAW ou JPEG ?
Avec l’EOS RP, j’enregistre toujours en RAW. Ce fichier brut conserve toutes les informations du capteur : au développement, je peux corriger la lumière, les couleurs et le bruit avec beaucoup plus de marge qu’avec un JPEG.
Le Nikon P900 enregistre uniquement en JPEG. Avec lui, je soigne donc davantage l’exposition au moment de la prise de vue.
Les erreurs qui m’ont appris
Après une séance de nuit, ou dans une lumière extrême, il m’est arrivé de garder des réglages très particuliers. Le lendemain, la première rencontre se soldait par une photo ratée. Désormais, je remets mes réglages de départ à la fin de chaque séance.
J’ai aussi vu passer des oiseaux en vol avec une vitesse trop lente, faute de temps pour la changer avant de les suivre. C’est pour cela que je reste à 1/1000 s par défaut : l’appareil est prêt pour l’imprévu.
Pour aller plus loin
Ces trois réglages se retrouvent dans tous mes articles techniques, appliqués à des situations concrètes.
Rapaces en vol : figer une buse et un fauconQuand la lumière baisse : les chevreuils au crépusculeUne aurore boréale dans les Hautes-Alpes