Ce vendredi de fin mai, je roule de La Bâtie-Neuve vers Gap après le travail. Mon appareil photo m’attend sur le siège passager, comme toujours, au cas où. Les foins viennent d’être coupés, et l’herbe fauchée sèche en longs andains dans les champs qui bordent la route.
Le décor
- Lieu Entre La Bâtie-Neuve et Gap
- Date 23 mai 2025
- Moment Fin de journée
- Saison Printemps
- Météo Ensoleillé
Je m’appelle Jérôme, photographe amateur près de Gap. Mon appareil ne me quitte jamais, même sur la route du travail : ce soir de mai, c’est ce qui m’a permis de vivre cette rencontre.
Photo à venir : Le champ en andains et la haie, au bord de la route de Gap (23 mai 2025)
© Jérôme Baron-Campos
Une silhouette dans les andains
Je tourne la tête vers la droite. Dans un champ tout juste fauché, une silhouette rousse avance lentement entre les andains : c’est un renard.
Je m’arrête quelques mètres plus loin et je saisis l’appareil. Puis je longe la haie tout doucement, en posant chaque pied avec soin. Le renard reste absorbé par sa quête, et je parviens à m’approcher en toute discrétion. Je m’accroupis derrière une branche, en lisière du champ, et je l’observe.
Le vent de mon côté
Le renard vient dans ma direction. Par chance, le vent souffle de lui vers moi et emporte mon odeur loin de son flair. Il lève parfois la tête, mais je reste immobile, fondu dans la haie.
Il fouille le sol fraîchement fauché. Il cherche les petits rongeurs que le tracteur et ses outils ont pu blesser ou tuer : pour lui, la fauche dresse une table bien garnie.
Il s’avance jusqu’à une dizaine de mètres de moi, puis fait demi-tour, toujours ignorant de ma présence.
Un faisceau doré
À cet instant, les derniers rayons du soleil passent entre les grands arbres de la haie. Un faisceau doré se pose juste sur le renard. Le moment est parfait, et je déclenche.
Je reste encore un quart d’heure, jusqu’à ce que la lumière devienne trop faible pour la photo. Le renard s’éloigne tranquillement à travers le pré. Je le laisse partir à son rythme : je tiens avant tout à préserver sa quiétude.
Quand il a disparu, je regagne ma voiture et je reprends la route de Gap, ravi de cette rencontre magique.
Photo à venir : Le renard s’éloigne dans le pré, à la tombée du jour (23 mai 2025)
© Jérôme Baron-Campos
Ce que je retiens
Ce soir-là, la chance a fait presque tout le travail : un appareil prêt sur le siège passager, un vent favorable et un rayon de soleil au bon endroit. J’en retiens une leçon simple : les plus belles rencontres arrivent souvent à l’improviste, alors mon appareil m’accompagne partout.
Réglages : Canon EOS RP, 100-400 mm avec multiplicateur 1.4x, 560 mm, f/8, 1/2500 s, 6400 ISO.